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Une administration achète une application : à qui appartient le droit d’auteur ?

Par Mohammad Hilmi Bisri, S.Kom.. Publié le 10 octobre 2026.

Une administration qui paie un fournisseur pour créer une application n’en devient pas forcément propriétaire. Elle peut acheter une simple autorisation d’utilisation, ou bien le droit d’auteur avec le code du programme. Les règles de base figurent dans la loi (Undang-Undang) n° 28 de 2014 relative au droit d’auteur (site externe) (UU Hak Cipta), et le détail est fixé par le contrat ou par l’ordre de service (Surat Perintah Kerja, SPK).

Une application est une œuvre protégée

L’article 40, paragraphe 1, lettre s, de la loi UU Hak Cipta cite les programmes d’ordinateur parmi les œuvres protégées. L’article 1, point 9, les définit comme un ensemble d’instructions qui font exécuter à l’ordinateur des fonctions déterminées. Le droit d’auteur naît automatiquement dès que l’œuvre est réalisée sous une forme concrète (article 1, point 1).

Qui détient le droit d’auteur si le contrat ne dit rien

La loi distingue l’auteur (pencipta), c’est-à-dire la personne qui crée l’œuvre, et le titulaire du droit d’auteur (pemegang hak cipta), c’est-à-dire l’auteur lui-même ou la personne qui a reçu ce droit de manière légale (article 1, points 2 et 4).

L’article 36 vise les œuvres créées sur commande d’un tiers. Sauf convention contraire, c’est la partie qui a réalisé l’œuvre qui en est l’auteur et le titulaire du droit d’auteur. Le droit d’auteur sur une application commandée à un fournisseur appartient donc au fournisseur, sauf si le contrat en dispose autrement.

L’article 35, paragraphe 1, vise les œuvres créées dans le cadre d’une relation de service (hubungan dinas), c’est-à-dire la relation d’emploi entre un agent de l’État et son administration, selon la note explicative officielle de cet article (penjelasan). Si l’application est créée par un agent de l’administration dans ce cadre, l’administration publique est considérée comme l’auteur et le titulaire du droit d’auteur, sauf convention contraire.

Le paiement seul ne transfère pas le droit d’auteur à l’administration. Si l’administration veut détenir le droit d’auteur, la cession doit être prévue par un contrat écrit (article 16, paragraphe 2, lettre e).

Licence, code source et cession du droit d’auteur

La licence est une autorisation écrite donnée par le titulaire du droit d’auteur à un tiers pour exercer les droits patrimoniaux sur son œuvre à certaines conditions (article 1, point 20). En termes simples, l’administration achète un droit d’utilisation : elle peut utiliser l’application selon les conditions du contrat, et le droit d’auteur reste au fournisseur.

Le code source est le texte du programme que les programmeurs écrivent et modifient. Une administration qui reçoit le code source n’a pas forcément le droit de le modifier. Reproduire et adapter une œuvre font partie des droits patrimoniaux du titulaire du droit d’auteur (article 9, paragraphe 1), et un tiers qui veut le faire doit obtenir son autorisation (article 9, paragraphe 2). L’autorisation de modifier le code source doit donc figurer dans le contrat. Si c’est le droit d’auteur lui-même qui est cédé, l’administration devient titulaire du droit d’auteur.

Conséquences d’une licence, de la remise du code source et de la cession du droit d’auteur pour l’administration
Ce que reçoit l’administrationModifications ultérieuresChangement de fournisseurCoût
Licence d’utilisation, sans code sourceRéalisées par le fournisseur titulaire du droit d’auteurUn nouveau fournisseur ne peut pas poursuivre l’application sans l’autorisation du titulaire du droit d’auteur. En général, l’administration passe à une autre application et y transfère ses données.Paiement de l’autorisation d’utilisation. Les modifications et la maintenance après la garantie deviennent de nouvelles prestations.
Licence avec code source et autorisation de modifierPeuvent être confiées à un tiers dans les limites de l’autorisationPlus facile, à condition que l’autorisation couvre le nouveau fournisseurLa remise du code source et l’autorisation de modifier sont comprises dans le prix
Cession du droit d’auteur avec le code sourceDécidées par l’administration elle-mêmeLibre choix du fournisseurLe prix tient compte des droits auxquels le fournisseur renonce. La maintenance ultérieure est à la charge de l’administration.

Le modèle standard de HanzCodes est une licence d’utilisation pour une seule administration, payée une fois, le droit d’auteur restant à PT Hanz Kode Terpadu ; le détail figure sur la page Travailler avec nous.

Les administrations centrales et les collectivités régionales sont aussi soumises au règlement présidentiel (Peraturan Presiden) n° 95 de 2018 relatif à l’administration électronique (site externe) (Sistem Pemerintahan Berbasis Elektronik, SPBE). Selon l’article 35, la création et le développement des applications SPBE privilégient le code source ouvert, c’est-à-dire un code de programme rendu public. Si l’application utilise un code source fermé, l’administration doit obtenir l’avis du ministre chargé de la communication et de l’informatique.

Les règles de la loi sur les licences

Le titulaire du droit d’auteur accorde une licence au moyen d’un contrat écrit (article 80, paragraphe 1). Les dispositions suivantes ont un effet direct sur les contrats des administrations :

La procédure d’enregistrement est fixée par le règlement gouvernemental (Peraturan Pemerintah) n° 36 de 2018 (site externe). La demande peut être déposée par le concédant ou par le bénéficiaire de la licence (article 1, point 3). Selon l’article 7, paragraphe 2, le contrat de licence mentionne au minimum la date et le lieu de signature, le nom et l’adresse des parties, l’objet de la licence, son caractère exclusif ou non exclusif, y compris la sous-licence, sa durée et son territoire. Une licence exclusive signifie que le fournisseur n’accorde pas la même licence à d’autres. Une sous-licence est une autorisation donnée par le bénéficiaire de la licence à une autre partie.

L’enregistrement de l’œuvre auprès de la DJKI

L’enregistrement des œuvres est assuré par la Direction générale de la propriété intellectuelle (Direktorat Jenderal Kekayaan Intelektual, DJKI) (site externe). L’article 64, paragraphe 2, précise que l’enregistrement n’est pas une condition pour obtenir le droit d’auteur, et la note explicative de la loi indique qu’une œuvre non enregistrée reste protégée. La DJKI recommande malgré tout l’enregistrement, comme preuve de propriété en cas de litige.

Le certificat d’enregistrement de l’œuvre constitue une première preuve de propriété, sauf preuve contraire (article 69, paragraphe 4), mais il ne valide pas le contenu de l’œuvre (article 72). Le registre public des œuvres est consultable gratuitement par tous (article 69, paragraphe 3). L’administration peut demander au fournisseur une copie du certificat d’enregistrement. Un fournisseur qui n’a pas enregistré son application peut tout de même détenir le droit d’auteur.

Ce qu’il faut écrire dans le contrat ou le SPK

Cet article est un résumé, pas un avis juridique. Il se fonde sur la loi UU 28 de 2014, toujours en vigueur au 10 octobre 2026. Le 6 octobre 2026, la commission législative (Badan Legislasi) de la Chambre des représentants (DPR) a créé un groupe de travail chargé d’examiner le projet de loi sur le droit d’auteur avec le gouvernement (site externe). Pour une décision précise, reportez-vous au texte des règlements et adressez-vous au service compétent, par exemple l’UKPBJ (le service des achats de biens et de services), l’APIP (le contrôle interne de l’administration), le service juridique de l’administration ou l’accompagnateur des villages (pendamping desa).

Sources

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